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Les sculptures de Natacha !
"Je crois que Gauguin pensait que l'artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu'au mythe, alors que Van Gogh pensait qu'il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre à terre de la vie.En quoi je pense, moi, qu'il avait foutrement raison". Antonin Artaud
Entre mes mains naissent des êtres fantastiques et colorés, poétiques et joyeux. En eux se terrent des sentiments tour à tour légers ou terribles, une manière de conjurer les peurs viscérales, les désamours passés, l’abandon ou l’absurdité du quotidien. Les deux mains plongées dans la matrice malléable et enveloppante, j’adoucis le monde. Je regarde les passants, les hommes, les femmes, les travailleurs appliqués, les rêveurs nonchalants. Espiègle, je les observe avec tendresse, sans cesse j’absorbe ! J’aime décrypter ce qu’il y a d’embrouillé dans ce monde, faire un pas de coté et puis rire.
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« Comme une baleine » : telle est l’appellation qui a été décernée à cette statuette. Péjorative a priori, cette expression se révèle beaucoup
plus nuancée qu’il y paraît lorsque le regard s’attarde sur cette oeuvre qui semble émerger des océans.
C’est un être hybride, mi-marin, mi-terrestre, aux formes arrondies et fluides, à la couleur sans couleur d’une matière composite évoquant l’eau des profondeurs et la rusticité d’une roche qui
d’ailleurs lui sert de support sous la forme d’un solide galet, lui-même longuement roulé et façonné par la mer.
L’aspect étrange et pourtant familier de cette sculpture semble éveiller en nous l’écume enfouie d’une mémoire archaïque venue du fond des âges.
L’on dirait que son ventre énorme et tendu est une outre contenant la promesse d’une humanité qu’elle protège maternellement de ses bras fragiles.
« Comme une baleine » aurait pu arborer un air grave et solennel, empêtrée dans le symbole qu’elle incarne. Eh bien,non ! pas du tout ! Sa frimousse poupine nous interdit de la prendre trop au
sérieux. « Un peu d’humour, s’il vous plaît semble-t-elle dire. Voyez comme je souffle fort pour arriver jusqu’à vous… ». En effet, ses joues gonflées et empourprées témoignent de ses touchants
efforts. Et pour se mettre encore davantage à notre portée, elle s’est coiffée d’un malicieux petit bonnet dont l’extrémité pointe gentiment vers le ciel qui semble avoir laissé tomber une de ses
étoiles –devenue « étoile de mer »- sur sa queue de sirène. Car oui, si elle est nantie de deux petits pieds à peine apparents, elle possède également une vraie queue de sirène. .. à moins que ce
ne soit celle d’une baleine. ..Peu importe.
A la fois agenouillée et dressée , telle qu’elle est, elle impose sa présence de déesse-baleine, sorte de chaînon unissant d’une part le monde animal au monde humain et, d’autre part, l’immensité de l’espace et de l’espèce aux aspects plus quotidiens de notre existence d’humains. Sans doute est-ce le sens que revêt le prosaïque bouchon de champagne qui fleurit tout doré, en guise de nombril, au centre de son ventre, prêt à jaillir et à laisser fuser un trop plein de vie , tout pétillant de joie. Message d’espoir qu’à travers cette oeuvre d’art, il nous appartient de recueillir et d’interpréter.
Annie
Pour ma part, je suis ravie de retrouver la bonne humeur de tes créations.
Gros bisous et très bonne fin de soirée,