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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 09:26




Au matin elle avait disparu.

 

J’eus beau retourner l’atelier, point de Vénus.

 

Elle était entrée dans ma vie un jour de septembre quand mue d’une résolution de rentrée, je m’étais dit : « ma grande il faudrait tout de même tâter du caillou ». Equipée telle une astronaute, combinaison, gants, masque, scie circulaire, la dame sortait de sa gangue de pierre avec les langueurs d’une diva d’opérette. L’atelier n’était plus que bruit et fureur et moi un misérable tas de poussière.

 

Furieuse de ne point trouver l’objet de ma création, je sortais fumer une cigarette sur le balcon. Je tombais nez à nez avec mon phénomène prêt à se jeter dans le vide.

 

Ce fût Phèdre acte III scène 3 ! Elle m’expliquait qu’elle était tombée amoureuse d’un jeune motard en terre cuite qui n’avait eu aucun regard pour son corps de déesse. Je lui répliquais que bien d’autres Apollons de banlieue n’attendaient qu’elle et que s’il le fallait, j’étais prête à sculpter l’homme de ses rêves. Bien des tergiversations et des réconforts plus tard, ma déesse suicidaire, à l’orgueil blessé se laissa attraper avec nonchalance et replacer sur sa sellette.

 

Parfois les œuvres auxquelles nous donnons vie nous échappent, partent loin de nous vivre ou mourir.

Publié dans : Rencontres et découvertes
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Commentaires

contente de te lire !!!
Alors toujours dans ton atelier ???
vas tu lui sculpter l'homme de ses rêves ???
bises à toi
TRINITY
Commentaire n°1 posté par TRINITY le 29/01/2009 à 21h43
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